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sanditon

« Un monsieur et une dame partis de Tunbridge se dirigeaient vers cette partie de la côte du Sussex qui s’étend entre Hastings et Eastbourne. Leurs affaires les avaient poussés à quitter la grand-route pour emprunter une voie fort malaisée et leur voiture versa alors qu’elle montait avec peine ce chemin mi-pierre, mi-sable. »

Le problème, mes p’tites souris, avec Jane Austen (eh oui, il faut bien qu’il y ait UN problème), c’est que côté nouveautés et rentrée littéraire, la source est un peu tarie depuis 200 ans… Quelle ne fut donc ma surprise, et ma joie, de découvrir dans la librairie à côté de chez moi ce roman, Sanditon, achevé « par une autre dame ». La tentation fut trop grande : hop, direction la maison, avec un bon thé, des petits gâteaux et la compagnie de Charlotte Heywood !

Et bien, ce fut un enchantement, et j’ai eu beaucoup, beaucoup de mal à sortir du roman. Pendant plusieurs jours, j’y suis revenue, relisant certains passages et cherchant à trouver des incohérences ou des imperfections entre la partie « Jane » et la suite. Peine perdue : si vous n’avez jamais lu Sanditon et que vous ne trichez pas (pas comme moi…), il est impossible de savoir à quel moment le récit contemporain commence. J’ai pour ma part commencé à avoir des doutes bien après la transition entre les deux et uniquement parce qu’une des péripéties m’a fait pensé à un autre roman de Jane Austen.

Il est évident que « l’autre dame » est une fine connaisseuse de l’œuvre d’Austen, et il est amusant de retrouver la superbe de Lady Catherine de Bourgh, l’innocence et la naïveté de Catherine Morland ou la superficialité de Charlotte Palmer dans les personnages de Sanditon. Là est peut-être d’ailleurs la seule critique que j’aurais à faire : afin de rester fidèle à l’esprit d’Austen, « l’autre dame » reprend des caractères, ou des personnages de romans austiniens de manière un peu trop calquée, et on termine le livre avec l’impression, agréable mais un peu troublante, d’avoir lu un condensé de l’œuvre de Jane. Le style est cependant si fidèle au récit original, l’ironie est tellement semblable à celle de Jane Austen que le plaisir est intact, et que l’on quitte Charlotte et Sidney avec regret.

L’auteur de la suite de Sanditon redoutait, en postface de l’édition du Livre de Poche, la comparaison avec Jane Austen. Ne craignez-rien, Madame, la partie du roman que nous vous devons est un petit bijou, et nous vous remercions d’avoir terminé avec autant de brio les aventures de Charlotte !

Et vous, mes p’tites souris, aviez-vous deviné où commençait la partie moderne du roman ? Qu’avez-vous pensé de cette suite ?

Anne Souris