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VSWVita Sackwille-West est un de mes auteurs préférés (autant que vous le sachiez tout de suite, mes p’tites souris, j’ai en horreur le mot « auteure », qui font se dresser tous mes petits poils sur la tête), et si j’avais à déménager sur une île déserte – ou à Lampaul-Plouarzel au choix (je vous laisse découvrir sa localisation sur une carte) – je partirais, je pense, avec l’intégralité de ses œuvres.

Originaire d’une famille aristocratique, et fille unique ce qui l’empêcha d’hériter du domaine de son père ainsi que du superbe château où elle avait vu le jour (ça ne vous rappelle rien ?!), la jeune femme en restera marquée toute sa vie. Pour faire court sur sa vie, elle épouse à 20 ans Harold Nicolson qui aura une carrière brillante (journalistique, diplomatique et politique), et avec lequel elle entretient une relation pleine de respect, très enrichissante intellectuellement, mais très libre, puisque tous deux vivront chacun de leur côté des histoires homosexuelles (Vita en particulier avec Virginia Woolf) sans pour autant jamais renoncer à leur mariage, et à la relation très particulière qu’ils avaient – et qui a été publiée après leur mort.

D’un point de vue littéraire, Vita Sackwille-West dépeint à merveille la haute société britannique de l’entre-deux-guerres, et croque avec une ironie mordante, mais aussi beaucoup de tendresse ces aristocrates et leur destin tracé au sein d’un carcan de règles rigides et conventionnelles.

Certains de ses personnages, comme Lady Slane dans Toute passion abolie, décident de s’en affranchir : à 88 ans, cette dernière, après la mort de son diplomate et pair de mari, décide de se retirer dans une petite maison de la banlieue londonienne pour terminer ses jours paisiblement, en contemplation, au grand dam de ses enfants, prisonniers quant à eux du qu’en-dira-t-on de leur milieu social.

D’autres découvrent l’hypocrisie de leurs enfants, comme cette mère qui, dans la nouvelle Son fils, prépare le domaine pour son enfant unique, projetant ses rêves et ses désirs dans un futur idéalisé, rêvé, qui se trouvera rapidement confronté à la réalité.

Ne cherchez pas dans l’oeuvre de Sackwille-West du réconfort : son style précis, cynique, cruel parfois touche à chaque fois, et l’on ressort de ses livres avec l’impression douce-amère de vies ratées ou incomplètes. Il s’agit toutefois, selon moi, d’un des très grands auteurs britanniques du XXe siècle, à consommer sans modération !

Je vous laisse découvrir cet auteur, ou me dire ce que vous en pensez, mes p’tites souris !

Anne Souris

« Vita n’est pas faite pour la diplomatie, ni pour s’occuper d’un tas de bedints (petits bourgeois). Elle devrait être une grande dame, très riche, et pouvoir vivre à son gré, sans connaître aucune lutte, aucun problème. Hier, elle m’a dit qu’elle aimerait vivre seule dans une tour avec des livres ! » — Lettre de lady Sackwille-West, 1912.