Étiquettes

, , , , , , , , , ,

« ViganLa voix traverse le sommeil, oscille à la surface. La femme caresse les cartes retournées sur la table, elle répète plusieurs fois, sur ce ton de certitude : le 20 mai, votre vie va changer. Mathilde ne sait pas si elle est encore dans le rêve ou déjà dans la journée qui commence, elle jette un œil à la pendule du radio-réveil, il est quatre heures du matin. »

Accrochez-vous, mes p’tites souris fragiles, ce livre-là va vous secouer. Vous chambouler. Vous retourner le coeur d’angoisse et de tristesse. « Bel encouragement ! » allez-vous me dire.

Et pourtant, j’assume. Ce livre noir, désolant, horriblement déprimant, ce livre-là a été un de mes immenses coup de cœur de l’année, et je remercie la p’tite souris qui me l’a offert !

Les Heures souterraines, ce sont les heures que vivent Mathilde et Thibault dans Paris, les heures difficiles, les heures tragiques de solitude et de souffrance, les heures qu’ils vont vivre sans se croiser ou presque…

Le 20 mai. Quelque chose devait changer dans la vie de Mathilde. En bien ? En mieux ? Tout ne peut qu’être mieux dans sa vie en ce moment. Depuis ce fameux jour de septembre où « en l’espace de dix minutes, quelque chose avait basculé. » Et où est survenu ce terrible harcèlement moral de la part de son supérieur hiérarchique qui ne lui laissera plus une minute de répit jusqu’à la faire parvenir « à ce point de fragilité, de déséquilibre, où les choses ont perdu leur sens, leurs proportions. A ce point de perméabilité où le plus infime détail peut la submerger de joie ou bien l’anéantir. »

Le 20 mai. Thibault est médecin urgentiste, et il vient de quitter la femme qu’il aime et qui ne l’aime pas. Comme tout les jours, il va sillonner la capitale en voiture, au rythme de ses visites, au rythme des malheurs et des souffrances qu’il va découvrir chez ses patients, au rythme de ses propres interrogations sur sa vie, ses choix, son avenir. Attentif aux autres, soucieux du confort et de la santé des malades, il va poser des diagnostics sans se préoccuper de son propre cas, de ce « quelque chose qui oppresse, qui brûle, qui n’appelle aucune nourriture, aucun réconfort. »

C’est un livre coup de poing que je vous recommande là mes p’tites souris, mais je ne pouvais pas ne pas vous en parler : ce livre là, je ne sais pas combien de fois j’ai du l’interrompre pour refouler mes larmes et reprendre ma respiration, mais ce livre-là, c’est une histoire de courage, d’amour, de désespoir, de lutte, d’abandon, de révolte. C’est une histoire forte, choc, terrible et tragique. Une histoire à lire. Vraiment.

Anne Souris