Étiquettes

, ,

Chers amis lecteurs, un simple mot pour vous remercier de votre fidélité pendant ces longues semaines où ce blog est resté en pause. Les visites ont continué, du monde entier, et votre patience me touche. Me voici de retour avec un très joli livre…

« Charles Bramwell Brockley voyageait seul et sans billet dans le London Bridge – Brighton de 14h42. La boîte de biscuits Huntley & Palmers dans laquelle il voyageait vacilla dangereusement au bord du siège lorsque le train s’arrêta en trépidant à Haywards Heath. Mais à l’instant même où elle allait basculer vers le sol du compartiment, une paire de mains sûres la recueillit. »

Dans ce charmant roman qui mêle les voix et les époques, Ruth Hogan nous livre une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres. Le personnage central de ce livre, celui par qui tout commence et qui a été pendant toutes ces années ce fameux gardien des choses perdues, Anthony Peardew, est, à l’époque du début du livre, un vieux monsieur fragile, un ancien écrivain à succès, mais surtout un collectionneur d’un genre particulier : il récupère, anote, et classe tous les objets qu’il trouve dans la rue avant de les ranger dans la bibliothèque de sa grande maison.
S’il s’est donné pour mission de récupérer ainsi les petits trésors du quotidien, toutes ces petites choses dépareillées qui échappent aux yeux des passants, abandonnées dans les rues et les squares, c’est parce que lui-même a perdu, il y a fort longtemps, un objet d’une valeur inestimable, qui lui avait été offert par sa fiancée, et qu’il a égaré le jour de la mort de cette dernière.

« Ainsi en avait-il été d’Anthony et de l’objet qu’il avait perdu voilà si longtemps. Aux yeux du monde, c’était une babiole, petite et sans valeur, mais pour Anthony, elle était sans prix. Sa perte était un tourment quotidien qui lui tapait sur l’épaule, lui rappelant impitoyablement la promesse à laquelle il avait manqué. La seule promesse que Thérèse lui avait jamais demandé, il ne l’avait pas tenue. Et il s’était donc mis à recueillir les objets que d’autres avaient perdus. C’était son unique chance d’expier. Il s’était fait beaucoup de souci de n’avoir pas trouvé le moyen de réunir un seul des objets à son propriétaire.« 

Sa vie durant, il a donc décidé de collectionner tous ces objets qu’il trouvait sur son chemin et, dans son testament, les a légués ainsi que sa maison à son assistante Laura, en lui demandant de retrouver leurs propriétaires. Aidée dans cette tâche par la jeune Sunshine, son Dancing drone et ses instincts fulgurants, et par Freddy, le si gentil jardinier, Laura va s’atteler à la tâche, sans savoir que cette dernière va bouleverser intégralement sa vie.
Chaque découverte dans la bibliothèque est un prétexte pour nous compter l’histoire de l’objet, les circonstances de sa perte, et une tranche de vie de son propriétaire, vaste fresque dans laquelle s’emmêle celle de Bomber et Eunice, qui sans le savoir, participent au fil rouge du roman et à son dénouement.

Il faudra à nos héros beaucoup de persévérance, de courage, et une pincée de surnaturel pour réussir à détricoter les fils du destin et à réaliser ainsi le vœu si cher au cœur d’Anthony Peardew.

Je ne peux que vous recommander de lire ce livre si touchant, ce patchwork de vies, écrit avec beaucoup de finesse et d’humanité, premier roman d’un auteur que l’on espère pouvoir relire rapidement.

Bonne lecture !

Anne Souris

Traduction : Christine Le Boeuf