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Fellowes« Dans le passé, on est comme en pays étranger, dit-on. Les choses s’y font différemment. Sans doute est-ce vrai en ce qui concerne la morale, les mœurs, le rôle des femmes, le type de gouvernement, et bien d’autres aspects de notre vie quotidienne. Mais il existe aussi des similitudes. L’ambition, l’envie, la rage, la cupidité, la gentillesse, l’altruisme, et plus encore l’amour, ont toujours eu une influence déterminante sur nos choix, hier comme aujourd’hui. Voici l’histoire de personnages qui vécurent il y a deux siècles ; pourtant les désirs, rejets et passions qui les animèrent ressemblent pour beaucoup aux nôtres, tels que nous sommes, dans l’époque où nous vivons. »

Les vacances sont là, chères petites souris de bibliothèque, et avec ces jours de détente revient la sempiternelle question « que vais-je pouvoir lire ? ». Si ce n’est déjà fait, prenez Belgravia, de Julian Fellowes. Parole d’Anne Souris, vous ne le regretterez pas !

A la croisée de Downton Abbey – dont il fut le brillant réalisateur – et de Jane Austen à qui il emprunte verve et sens romanesque, Julian Fellowes nous transporte dans la première moitié du XIXe siècle dans une histoire aux nombreux rebondissements et secrets de famille.

Tout commence en 1815, à la veille de la bataille de Waterloo. Ce soir-là, la jeune Sophia Trenchard, fille d’un simple marchand ayant le sens du commerce, voit pour la dernière fois son soupirant, le vicomte Edmund Bellasis, futur comte Brockenhurst. Elle ne sait cependant alors pas que son amour pour ce charmant jeune homme va conduire à sa perte et risquer – vingt-cinq ans plus tard – de ruiner sa famille et les jeter dans le déshonneur.

Dans cette société très codifiée des débuts de l’ère victorienne, alors que l’Angleterre entre dans une ère de conformisme de façade exacerbée, les écarts à la morale peuvent jeter le discrédit sur toute une famille. Il faudra la volonté tenace de deux femmes, Anne Trenchard, mère de Sophia, et Lady Brockenhurst, mère d’Edmund, que tout oppose pourtant, pour que les deux familles sortent tête haute de cette histoire.

De son métier de réalisateur, Julian Fellowes a gardé un goût pour le rythme et les rebondissements qui rendent le roman fort agréable à lire. L’auteur connaît de plus parfaitement l’époque et les arcanes de la société de l’époque – aucun néologisme ou anachronisme à redouter – et nous livre un roman foisonnant de personnages principaux et secondaires aux caractères bien trempés bien que parfois légèrement caricaturaux et prévisibles. L’intrigue n’en est pas moins fort agréable et c’est avec regret que le lecteur referme ce très bon livre.

Bonne lecture !

Anne Souris