Bibliothèque chérie,

Toi qui a réuni les livres venant de nos deux univers, témoignages de nos caractères et de nos intérêts.

Toi qui fut enrichie, complétée, diversifiée au fil des années.

Toi qui vit des photos d’enfants, des faire-parts, des empreintes de main en pâte à sel cacher progressivement les tranches des romans.

Bibliothèque chérie,

Il fallut te voir être vidée, voir la moitié des livres disparaître dans des cartons.

Il fallut se souvenir à qui était cet exemplaire de Molière et qui aurait la garde des Enfants du Capitaine Grant.

Il fallut dire adieu aux versions originales de Musset, sans regretter le départ des 17 volumes de l’Ancien Testament format A0.

Bibliothèque chérie,

Il fut ensuite temps de faire la poussière sur tes étagères, de caresser les marques qu’avaient faites les couvertures de cuir.

Il fut temps de se poser et de te regarder, toi, vidée, déboussolée, cabossée.

Il fut temps de réfléchir à ce que j’allais faire de toi.

Bibliothèque chérie,

Tu accueilles désormais tous mes romans, les tristes et les légers, les intelligents et les drôles.

Tu accueilles désormais toutes mes bandes dessinées et tous mes albums, aux vives couleurs et traits rageurs.

Tu accueilles désormais tous les romans de mes quatre petits lecteurs, car ensemble on est plus forts et qu’à nous 5, nous allons refaire de toi la plus belle bibliothèque du monde.

Sursum corda, bibliothèque chérie.