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Bonjour !

Pour une fois, je ne vous parlerai pas d’une de mes lectures. Aujourd’hui, je souhaiterais discuter avec vous des lectures des plus jeunes d’entre nous, et même plus spécifiquement, de leur niveau de lecture. Nous avions déjà discuté de la façon dont il était possible de leur transmettre le goût de la lecture, cette fois-ci je passe le cap suivant !

Rassurez-vous, loin de moi l’idée de vous rabâcher les oreilles à coup de « c’était mieux avant » ou « de mon temps, la Comtesse de Ségur était au programme de la moyenne section de maternelle »… Toutefois, en tant que bibliothécaire scolaire, je me pose réellement la question de ce que je propose à lire à mes élèves.

En effet, lorsque je suis arrivée dans l’école où je travaille, les romans considérés comme des classiques de la littérature jeunesse prenaient la poussière sur les étagères. Non pas parce que les enfants ne lisent plus : quand on voit le foisonnement de nouveautés dans les librairies, il est très clair que les enfants lisent. Mais ils ne lisent plus les romans que nous connaissions.

La question est donc la suivante : faut-il s’en réjouir ou le déplorer ? D’un point de vue professionnel, je me réjouis de pouvoir proposer des romans, albums ou BD récents de très grande qualité à mes petits lecteurs et les voir les dévorer, en parler, se les prêter. En vrac me viennent à l’esprit Le Château des étoiles, Chrétiens des Catacombes, Un tigre dans le jardin, les disciples invisibles, Quelle épique époque opaque ou Les enfants de la résistance.

Mais je suis la première à dire qu’il serait dommage que les intemporels de la littérature passent aux oubliettes et surtout à penser que nous pouvons continuer à faire preuve d’une certaine exigence envers les enfants quant au niveau de leurs lectures. Quand j’entends qu’on demande à des élèves de lire un roman de Roald Dahl pour l’entrée en 5e, je suis – certes – ravie que ceux qui ne connaissent pas encore ce génialissime auteur le découvrent mais également atterrée de voir qu’on ne cherche pas à pousser un peu plus les enfants.

C’est mue par cette inspiration que j’ai créé pour mes élèves l’année dernière un « Défi Lecture » et que je le renouvelle cette année : le but est de s’appuyer sur l’attrait des enfants pour les défis et compétitions et de les pousser à se challenger eux-même.

Aucune rivalité entre eux : d’abord, chacun est libre de participer ou non et chacun peut s’arrêter en cours de Défi s’il est satisfait du niveau auquel il est arrivé. Il s’agit simplement de se prouver à soi-même qu’on est capable de lire des livres un peu plus épais ou un peu plus complexes que d’habitude.

Il n’y a bien sûr aucune note et ce Défi ne figure pas dans leurs bulletins ! Je vérifie juste, avec 2-3 questions quand ils me rapportent le livre, qu’ils l’ont lu et compris. Pour chaque niveau de lecture (médaille de bronze, médaille d’argent, médaille d’or et Champion de lecture), il y a cinq livres à lire : les styles sont très variés car je veux justement que mes élèves puissent découvrir ce qu’ils aiment à travers ce challenge littéraire. Je leur permets ainsi de lire du fantastique, des romans policiers, des BD, des romans historiques… en espérant développer leur curiosité ! Et une fois qu’ils ont lu les cinq livres, ils remportent la médaille (sous forme de diplôme en papier) et peuvent passer au niveau supérieur. Vous verriez alors leurs sourires et la fierté qu’ils ont de repartir avec ce beau diplôme !

Et en effet, je peux leur dire lorsqu’ils arrivent au terme du Défi, en toute sincérité, que lire « Un Bon Petit Diable » à 8 ans ou « Bilbo le Hobbit » à 10 ans, c’est vraiment être un champion de lecture !

Et vous, arrivez-vous à pousser vos enfants à sortir de leur zone de confort ?

Anne-Sophie