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À chaque nouvelle ornière, la camionnette de Fabien Etcheverry s’enfonçait un peu plus dans le sol et le bas de caisse se mit à frotter avec fureur sur le gravier. Le chemin qui menait à Haut Méac avait connu des jours meilleurs. Il donnait un aperçu désolant de ce que devenait la propriété. Le jeune patron de la Boulange du Fleuve crispa un peu plus ses doigts autour du volant. Il évaluait les dégâts sur son utilitaire tout neuf et maudissait les Mazet qui se montraient incapables d’entretenir leur allée. Le T-shirt tiré sur ses épaules de rugbyman, le jean encore blanc de farine, il s’étira en sortant de la camionnette puis frotta méthodiquement ses cuisses du plat de la main. Ses cheveux noirs étaient parfaitement enduits de gel « fixation extrême », ses joues rasées de près avaient perdu depuis peu les rondeurs de l’adolescence et il serrait avec application les dents de manière à faire saillir les maxillaires. Les pains tièdes, tout juste sortis du four, réchauffaient le creux de son coude et diffusaient l’odeur du travail bien fait. La silhouette impressionnante du château de Haut Méac se détachait à peine sur le ciel sombre. Ses créneaux irréguliers, ses toits pentus mangés de mousse et ses gouttières tordues ne lui enlevaient pas une certaine majesté.

Chers lecteurs, ce confinement a été un peu rude niveau critiques de livres : j’ai dévoré tout un tas de romans, albums et BD mais sans avoir une minute pour vous écrire !
Je reviens avec un très bon polar à déguster, un bon verre de vin à la main, sous le soleil printanier.
Dans une magnifique propriété bordelaise, tout est réuni pour qu’un groupe d’amis trentenaire passe une excellente semaine de retrouvailles, loin des turpitudes du quotidien et des soucis personnels ou professionnels.
Mais le farniente va bientôt tourner au drame lorsqu’une des vacancières est retrouvée morte, dans la chambre froide de la cuisine du château. Qui avait intérêt à ce qu’elle meure ? Quels secrets vont devoir être révélés pour que la lumière se fasse sur ce crime épouvantable ?
Heureusement pour le major Dambérailh, chargé de l’affaire, sa tante Daphné, vieille dame qui n’est pas sans rappeler la comtesse douairière de Grantham par ses piques et son oeil acéré, est là pour veiller au grain (de raisin) et lui apporter une aide non négligeable !
Agathe Portail nous offre là un excellent roman policier, bien construit, prenant, à la conclusion inattendue et surprenante.
Le lecteur ferme le livre en ayant hâte de retrouver Dambérailh !

Un livre à filer acheter car n’oubliez pas : #TousEnLibrairie

Bonne lecture !

Anne-Sophie