Au fil de mes lectures

Les Braises – Sándor Márai

Marai« A l’aube, le vieux général était allé dans la vigne pour s’occuper, avec le vigneron, de deux fûts en fermentation. Il a avait passé la matinée dans le cellier. Le tirage du vin dans la cave l’avait retenu jusqu’à onze heures, après quoi il était rentré chez lui. Dans la fraîcheur du vestibule à colonnes, le garde-chasse attendait son maître pour lui remettre une lettre. »

Une lettre. La lettre d’un homme que le général n’a pas vu depuis 41 ans et 43 jours. Un homme qui a tourmenté l’âme du général, inlassablement, depuis 41 ans et 43 jours. Un homme qui, il y a bien longtemps – 41 ans et 43 jours – était son meilleur ami, son frère, son double. Lire la suite « Les Braises – Sándor Márai »

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Les Suprêmes – Edward Kelsey Moore

Kelsey Moore« Je me réveillai en nage ce matin-là. J’avais dormi profondément, ma chemise de nuit me collait à la peau, le visage me picotait. Troisième fois cette semaine. 4h45 luisait au réveil posé sur la coiffeuse à l’autre bout de la chambre. J’entendais le ronronnement du climatiseur et sentais l’air me caresser les joues. Avant de me coucher, j’avais réglé le thermostat sur seize. Logiquement il devait faire frais. Logiquement oui, et je pouvais même en être sûre car mon mari, James, qui ronflait à côté de moi, était habillé comme en plein hiver alors que nous étions mi-juillet. Il dormait comme un bébé – un bébé d’âge mûr, d’un mètre quatre-vingts et complètement chauve – enveloppé dans un cocon qu’il s’était fabriqué avec le drap et la couverture que j’avais envoyés valser pendant la nuit. Seul le haut de son crâne marron dépassait des draps à fleurs. Pourtant, tout en moi hurlait qu’il faisait au moins cinquante degrés.« 

Du rire au larmes, de la colère à l’attendrissement, du désespoir à l’hilarité : attendez-vous, chères p’tites souris, à passer par tout l’arc-en-ciel des émotions en compagnie de ces Suprêmes. J’avais tellement envie de vous recommander ce livre que j’ai passé deux jours, crayon en main, à noter tous les passages que je voulais partager avec vous, et à espérer que vous vous empresserez de le lire à votre tour ! Et maintenant qu’il faudrait que je vous en parle, me voilà à court de mots ! Lire la suite « Les Suprêmes – Edward Kelsey Moore »

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Une vie merveilleuse – Laurie Colwin

colwin« Guido Morris et Vincent Cardworthy étaient cousins au troisième degré. Personne ne se rappelait si un Morris avait épousé une Cardworthy ou si c’était l’inverse, et personne ne s’en souciait, sauf aux grandes réunions de famille où ce sujet était débattu par tous. Vincent et Guido étaient amis depuis qu’ils étaient bébés. On les avait promenés dans le même landau, et quand ils étaient petits, on les réunissait souvent, soit à la maison des Cardworthy à Petrie, dans le Connecticut, soit chez les Morris à Boston, pour jouer aux billes, grimper aux arbres et faire exploser de gros pétards dans des poubelles et des boîtes aux lettres. A l’adolescence, ils buvaient de la bière en cachette et s’entraînaient à fumer les cigares du père de Guido, ce qui ne les rendait pas malades mais heureux. A l’âge adulte, tous deux savaient apprécier un bon cigare. »

Bonsoir mes p’tites souris ! Voici un court roman dont j’ai découvert l’auteur récemment, mais dont je n’avais entendu que du bien : au final je n’ai pas été déçue ! C’est un roman sur le passage à l’âge adulte par la découverte du couple ou comment Vincent et Guido, par la rencontre avec les jeunes femmes qui deviendront leurs épouses, Misty et Holly – aussi différentes soient-elles – vont basculer dans le monde des « grands ». Lire la suite « Une vie merveilleuse – Laurie Colwin »

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Entre Dieu et moi, c’est fini – Katarina Mazetti

Mazetti« Cette nuit, j’ai rêvé du mur. Ce mur auquel j’ai parlé tout au long de l’été dernier. « On a vraiment l’impression de parler à un mur » me disaient-ils après m’avoir soûlée pendant trois heures avec leurs trucs. Des trucs de merde, genre qu’ « on » ne sort pas à vélo quand il pleut des cordes et qu’ « on » ne donne passes vêtements aux autres. Et que même si je pense que mon répugnant prof de bio devrait se faire interner, c’est quand même lui qui me donne les notes qui vont rester dans mon dossier scolaire. »

Linnea a quinze ans, c’est « une lycéenne proprette, en bonne santé, bien nourrie, suédoise et même pas anorexique« . Mais elle a quand même besoin de s’enfermer dans le dressing de sa grand-mère, assise sur un coffre à chaussures, pour parler au mur tapissé de papier peint 70’s. Lire la suite « Entre Dieu et moi, c’est fini – Katarina Mazetti »