Au fil de mes lectures·Au pays des enfants

Les Doldrums – Nicholas Gannon

Gannon« Nous connaissons tous des filles et des garçons parfaits. Ils vivent dans des maisons parfaites, avec des parents parfaits. Ils sont parfaitement habillés, ont une démarche parfaite et mènent la vie la plus parfaitement parfaite. C’est parfaitement horrible. Ils sont parfaitement ennuyeux. Heureusement, cette histoire n’est pas celle d’un enfant parfait. C’est l’histoire d’Archer Benjamin Helmsley. »

Un garçon de 11 ans, petit-fils d’explorateurs célèbres portés disparus sur un iceberg en plein milieu de l’Antarctique et vivant dans une maison emplie d’animaux empaillés, un autre garçon, son voisin, issu d’une famille excentrique légèrement loufoque et follement sympathique et une petite fille, ex-petit rat de l’opéra unijambiste, décident de fuir de chez eux pour partir à la recherche desdits grands-parents et embarquer comme passagers clandestins sur le premier cargo en partance pour le Pôle Sud.

Bien évidemment, à ce stade de l’article, tout lecteur sensé devrait froncer les sourcils et quitter ce blog en se demandant ce qui a bien pu passer par la tête de la chroniqueuse lorsqu’elle a décidé de recommander ce livre pour les plus jeunes des lecteurs. Lire la suite « Les Doldrums – Nicholas Gannon »

Au fil de mes lectures·Au pays des enfants

Le ciel nous appartient – Katherine Rundell

Rundell » Au matin de son premier anniversaire, un bébé fut découvert dans un étui à violoncelle, flottant au beau milieu de la Manche. C’était le seul être vivant à des kilomètres à la ronde. Le bébé, quelques chaises et la proue d’un bateau sombrant dans l’océan : rien d’autre à l’horizon.« 

Un petit bijou. Ce roman de Katherine Rundell, une fois lu, ne vous quittera pas pendant un moment et séduira aussi bien les enfants que leurs parents. Lire la suite « Le ciel nous appartient – Katherine Rundell »

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Vango – Timothée de Fombelle

Fombelle » Paris, avril 1934. Quarante hommes en blanc étaient couchés sur le pavé. On croyait voir un champ de neige. Les hirondelles frôlaient les corps en sifflant. Ils étaient des milliers à regarder ce spectacle. Notre-Dame de Paris étendait son ombre sur la foule assemblée. Soudain, tout autour, la ville parut se recueillir. Vango avait le front contre la pierre. Il écoutait sa propre respiration. Il pensait à la vie qui l’avait conduit ici. Pour une fois, il n’avait pas peur. Il pensait à la mer, au vent salé, à quelques voix, quelques visages, aux larmes chaudes de celle qui l’avait élevé. La pluie tombait maintenant sur le parvis mais Vango n’en savait rien. Allongé par terre au milieu de ses compagnons, il ne regardait pas fleurir l’un après l’autre les parapluies. Vango ne voyait pas la foule des Parisiens réunis, les familles endimanchées, la dévotion des vieilles dames, les enfants qui passaient sous les jambes, les pigeons engourdis, la danse des hirondelles, les badauds debout sur les fiacres, ni les yeux verts, là, sur le côté, qui ne regardaient que lui.« 

Il est des livres comme des êtres humains : l’immense majorité nous plaît bien, certains nous ennuient, d’autres nous énervent. Quelques-uns – rares heureusement – nous laissent parfaitement indifférents et nous serions bien en peine de nous rappeler quoique ce soit à leur sujet. D’autres enfin – tout aussi rares – nous marquent profondément. La rencontre avec eux tient du coup de foudre et nous savons à la minute où nous les rencontrons qu’ils nous accompagneront toute notre vie. Lire la suite « Vango – Timothée de Fombelle »