Au fil de mes lectures

Les choses humaines – Karine Tuil

« La déflagration extrême, la combustion définitive, c’était le sexe, rien d’autre – fin de la mystification ; Claire Farel l’avait compris quand, à l’âge de neuf ans, elle avait assisté à la dislocation familiale provoquée par l’attraction irrépressible de sa mère pour un professeur de médecine rencontré à l’occasion d’un congrès. »

En ces temps de scandale Matzneff, après le mouvement #Metoo, alors que les rapports entre les hommes et les femmes me semblent se complexifier et se teinter a priori de suspicion et d’antagonisme, le roman de Karine Tuil a été une lecture de vacances forte mais éprouvante.  Lire la suite « Les choses humaines – Karine Tuil »

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Le Canard en Judée – Hugues Lefèvre

« Chaque matin, la tour de Siloé ouvrait ses portes à 8h. Collecteurs d’impôts, experts-comptables, auditeurs en tout genre, le gratin de la finance s’engouffrait dans le building flambant neuf inauguré à la dernière Pâque. Fierté de toute la ville, la tour faisait de Jérusalem la première place financière de la région. Plus d’une trentaine d’entreprises spécialisées dans la finance y avaient élu domicile, toutes plus puissantes les unes que les autres. Parmi elles, on retrouvait le siège de la Banque Nazareth et Palestine (BNP), la Haute Société Bancaire de Canaan (HSBC) ou bien encore les Mutuelles Malachie et Abraham (MMA). La Judée vivait alors une période de croissance économique stimulée notamment par les travaux extraordinaires entrepris par Hérode le Grand au temple de Jérusalem. Commencé quelques années auparavant, un chantier colossal devait permettre d’accueillir un nombre grandissant de pèlerin. Toute la ville bénéficiait de ce projet d’envergure. »

Cher Auteur,

Je serai directe, et pourrais me contenter de ces quatre mots : votre roman est brillant. Je dois vous avouer que le titre, déjà, m’avait mis l’eau à la bouche. La couverture me rappelait de bons souvenirs. Le sous-titre était digne du Da Vinci Code. Lire la suite « Le Canard en Judée – Hugues Lefèvre »

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La calanque de l’aviateur – Annabelle Combes

La calanque de l’aviateur, aux éditions Héloïse d’Ormesson, c’est l’histoire de Leena. Mais comme c’est celle de Leena, c’est aussi celle de Jeep, de Gaspard et de Vivien. D’Alessandro et d’Alexandrine. Tous ceux qui, autour de Leena jouent une partition étrange, symphonie d’un nouveau monde qui permettra à Leena de dépasser ses maux, de retrouver ses mots, d’écrire sa propre phrase sur une feuille vierge. Lire la suite « La calanque de l’aviateur – Annabelle Combes »

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Au jardin des fugitifs – Ceridwen Dovey

« Notre histoire étant ce qu’elle est, Vita, j’ai bien conscience que tu pourrais choisir de ne pas lire ces lignes. Je viens d’avoir soixante-dix ans en mai, même si tu n’en as sans doute que faire. Or cette année bisextile (soit, pour les Romains, MMXX) attendue de si longue date n’a pas été pour moi messagère de bonnes nouvelles. Pendant que le reste du monde avance bravement vers son avenir, je croupis dans la maladie et dans ma nostalgie personnelle, comme il est courant à ce stade de la vie – on me l’avait toujours dit. Ce qui me prend de court, c’est mon lâche besoin d’absolution. Plus que jamais, mes pensées vont vers Kitty et vers toi. Moi qui n’ai pas de religion, me voici contraint d’en emprunter les pratiques et c’est un suppliant qui s’adresse à toi. J’ai une proposition à te faire mais encore faut-il que je sache si tu es là, éventuellement prête à m’écouter jusqu’au bout. Bien à toi, Royce »

 

Que reste-t-il, au crépuscule de sa vie, lorsqu’on se retourne et que la vie est hantée de souvenirs et de fantômes ? Que reste-t-il lorsque la culpabilité d’être née au mauvais endroit, au mauvais moment, dans la mauvaise classe sociale vous ronge jusqu’au plus profond de votre être, quand « la conscience de classe ressort comme une poussée d’eczéma« , poussant à se « draper dans le manteau victimaire » ? Lire la suite « Au jardin des fugitifs – Ceridwen Dovey »

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Cette nuit – Joachim Schnerf

schnerf« Cette nuit », c’est la nuit de Pessah, la Pâque juive, la nuit qui commémore la sortie du peuple hébreu d’Égypte, le temps de sa libération, du pèlerinage vers la Terre Promise, vers Israël.

Cette nuit-là, c’est la nuit où Salomon et Sarah rassemblent autour d’eux leurs deux filles, leurs gendres et leurs petits-enfants pour se souvenir, perpétuer la tradition des pères de leurs pères, « chanter l’histoire millénaire du peuple juif ». Lire la suite « Cette nuit – Joachim Schnerf »

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Pleurer des rivières – Alain Jaspard

Jaspar« Il la couvrait de baisers, arrachait son fichu, dénouait sa natte, une cascade de boucles fauves dégringolait en ribambelles sur son dos, le vent s’en mêlait, chaleureux. »

« Pleurer des rivières » : cet extrait d’une chanson de Boris Bergman (interprétée par Viktor Lazlo) revient dans le roman d’Alain Jaspard comme un refrain mélancolique qui souligne toute la douleur des quatre protagonistes de cette tragédie. Lire la suite « Pleurer des rivières – Alain Jaspard »

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Le secret d’Emma M. – Anne Kurian

Kurian« Emma ne se trouvait à proprement parler ni belle, ni laide. Ou pour être plus juste, elle se jugeait, selon les angles et selon les moments, belle ou laide. Belle sous un certain profil d’une finesse de poupée de porcelaine : une peau blanche, un nez délicat et raffiné, de grands yeux abrités sous de longs cils noirs, des lèvres minces et rosées, un sourire gracieux montrant de petites dents blanches. Et laide sous un autre profil, car elle estimait ses pommettes trop pointues, son visage trop allongé, son menton trop carré. »

Premier roman d’Anne Kurian, « Le secret d’Emma M. » est un roman léger et profond à la fois, drôle et émouvant, qui mêle Hollywood et Chesterton, amitié, amour et blessure profonde. Lu cet été d’une seule traite, j’ai été plongée dans cette histoire si charmante que je n’interrompais ma lecture que pour aller chercher une autre glace dans le congélateur ! Lire la suite « Le secret d’Emma M. – Anne Kurian »

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Cosme – Guillaume Meurice

Meurice« Dans ce minuscule appartement aux volets clos, le silence opère. Quelques mètres carrés au rez-de-chaussée d’un immeuble des beaux quartiers. Une ancienne loge de concierge, recluse derrière les portes d’un grand hall lumineux aux boiseries vernies et au marbre étincelant. Passé le seuil, surgissant de l’obscurité, des yeux. Identiques. Des centaines. Collés au plafond. Un même oeil photographié sur autant de cartes postales fixées côte à côte. L’observateur est observé. »

Cosme, c’est Cosme Olvera, jeune homme paumé et réfléchi, passionné de littérature et tête brûlée, voyou et poète, brillant joueur d’échecs  et cryptographe pour l’armée. Un condensé de traits de caractère contradictoire, une énergie extrême et une extrême sensibilité. Un jeune homme capable de braquer un magasin et d’écrire mieux que personne des vers dans lesquels jaillissent tout ce qu’il ne peut plus contenir. Lire la suite « Cosme – Guillaume Meurice »

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Ashford Park – Lauren Willig

willig« Les gants d’Addie étaient tachés de sueur et de poussière rouge. Et s’il n’y avait que ses gants ! Baissant les yeux, elle grimaça en regardant sa robe, d’un beau gris perle à l’origine et à présent noircie par la fumée et maculée d’ocre. Même dans la faible lumière qui filtrait à travers l’épaisse moustiquaire recouvrant les fenêtres, il était évident que les dégâts étaient irréparables. La tenue de voyage qui lui avait paru si chic à Londres s’était révélée un bien mauvais choix pour le long trajet ferroviaire au départ de Mombasa.« 

Kenya, 1926. New York, 1999. Ashford, 1906.

Ashford, 1906. Kenya, 1926. New York, 1999.

Dans un perpétuel va-et-vient entre les lieux et les dates, Lauren Willig nous entraîne, à la suite d’Addie, au coeur d’une sombre tragédie familiale qui plonge ses racines dans le domaine familial d’Ashford Park pour étendre ses ramifications à Londres et au Kenya mais dont les fruits ne pourriront qu’à la fin du siècle, de l’autre côté de l’Atlantique. Lire la suite « Ashford Park – Lauren Willig »