Au fil de mes lectures

Le pavillon des oiseaux – Clélia Renucci

Trouverai-je les mots pour vous parler de ce roman ?

Depuis trois jours, ce « Pavillon des oiseaux » est le compagnon de chacun de mes instants libres et je sais déjà que je vais avoir du mal à m’en libérer.

Clélia Renucci nous entraîne à Rome, à la fin de la Renaissance et nous permet d’assister, en spectateurs fascinés, à la fin d’un monde. Ce monde où les papes règnent en maîtres sur la Ville Éternelle, où leurs bâtards sont faits cardinaux à la sortie de l’enfance et se préoccupent plus de la puissance de leurs familles que de la gloire de Dieu. Ce monde qui exhume à profusion des antiquités et enterre les victimes des fratricides des grandes familles nobles. Ce monde qui oscille entre beauté sublime et débauche absolue.

Nous suivons ainsi la vie de Clélia, fille illégitime d’Alessandro Farnèse, dont la vie fut celle d’une héroïne de roman : comment ne pas s’émouvoir de voir cette enfant découvrir la vie conjugale, les fastes de la société romaine, se rendre compte du pouvoir qu’elle a, comme femme, comme amante, comme Farnèse ?

Car le fil rouge du roman est bien la lutte entre les deux glorieuses et orgueilleuses familles patriciennes que sont les Farnèse et les Medicis : leur compétition dans la course aux antiques, leurs rivalités amoureuses, leurs machinations politiques…

Et Clélia, qui pensait être maîtresse de sa vie, se rendra compte, à son dépend, qu’elle n’est qu’un pion dans le jeu qui oppose son père à son amant – son mari n’étant que la marionnette de l’un ou l’autre au gré de leurs besoins.

J’ai tremblé, j’ai frémi, j’ai espéré avec Clélia. Je me suis surprise à espérer une fin heureuse pour elle, une ultime rédemption qui lui permettrait de trouver enfin la paix. Mais il était dit que la fin d’une époque ne peut se faire sans broyer ceux qui en étaient les puissants.

Bravo à Clélia Renucci pour ce roman superbement écrit et magistralement maîtrisé, sans aucun voyeurisme. Il rejoint mes étagères mais ne quittera pas mon coeur, où il s’est fait une belle place.

Bonne lecture !

Anne-Sophie

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