Au pays des enfants

Revue TetrasLire

TetrasLireChères p’tites souris,

Une fois n’est pas coutume, je ne vous recommanderai pas aujourd’hui un ouvrage de littérature jeunesse mais une revue. Vous me pardonnerez, j’espère, cette entorse au format habituel de nos rendez-vous littéraires !

Quelques grandes maisons d’édition se partagent le marché de la presse enfantine et si certaines revues, devenues des classiques – à l’image de J’aime Lire ou Histoires Vraies – restent bien sûr des incontournables pour toute bibliothèque qui se respecte, la plupart des magazines ne proposent à nos enfants que des pages truffées de conseils « à la mode », de blagues de récré ou d’articles sur les disputes entre copines. Lire la suite « Revue TetrasLire »

Au fil de mes lectures

Casimir mène la grande vie – Jean d’Ormesson

dOrmesson3« Vous vous demandez peut-être, je vous entends d’ici, c’est une manie chez vous, pourquoi j’écris ce livre. Je vous donnerai, pour le même prix, deux réponses au lieu d’une. Première réponse : je vous emmerde. Voilà une bonne chose de faite. J’espère qu’elle vous monte à la gorge et qu’elle vous en bouche un coin. Deuxième et dernière réponse et, s’il vous plaît, n’y revenez pas : j’écris ce livre parce que mon grand-père m’a demandé de l’écrire. C’est la meilleure des raisons. »

Excellent, excellentissime Jean d’Ormesson, qui sait à chaque fois nous trouver là où nous l’attendons le moins ! Comme sa plume me manque, son ironie mordante, son regard si détaché et pourtant profondément charitable sur le monde. Lui seul était capable d’aimer aussi profondément le genre humain tout en percevant de manière parfaitement lucide tous ses petits travers, ses lâchetés, ses petitesses. Lire la suite « Casimir mène la grande vie – Jean d’Ormesson »

Au fil de mes lectures·La vie des autres

Les mains du miracle – Joseph Kessel

Kessel« Himmler s’est suicidé près de Brême, en mai 1945, au cours de ce printemps où l’Europe ravagée, suppliciée,connut enfin la délivrance. Si l’on compte seulement les années, cette époque est encore proche de nous. Mais tant d’événements, depuis, se sont accumulés, si graves, qu’elle semble déjà très lointaine.« 

Voilà un livre, chères petites souris, qu’un grand nombre de personnes me recommandait de lire depuis un certain temps, Mari Chéri en tête. En repos forcé pour quelques jours, et profitant d’un temps absolument superbe, je me suis installée à la terrasse d’un café parisien et ai littéralement dévoré cet excellentissime roman en 2h30 ! Lire la suite « Les mains du miracle – Joseph Kessel »

Au fil de mes lectures

Poste restante à Locmaria – Lorraine Fouchet

Fouchet« Il l’aperçoit à la terrasse du Caffe Rosati et c’est l’été, bien qu’on soit en avril. Elle est seule devant un espresso. Il n’aime plus dormir depuis qu’ils sont ensemble, parce qu’ils sont séparés lorsqu’il rêve. Elle a littéralement kidnappé son coeur. Ce jour-là, elle porte une robe orange, sa couleur favorite – il voit la vie en orange désormais. Elle entoure sa tasse de ses mains d’un geste si sensuel qu’il envie la porcelaine. » Lire la suite « Poste restante à Locmaria – Lorraine Fouchet »

Presque rien...

Nuit noire

Une très courte nouvelle qui me trottait dans la tête depuis quelques jours…

Bonne lecture !

Anne Souris

*****

Nuit noire

Elle roulait dans la nuit noire, ses phares éclairant les bandes blanches qui défilaient à vive allure sur les côtés. Les kilomètres se succédaient sans qu’elle en ait conscience et elle ne prêtait qu’une attention minimale aux lumières blafardes des voitures qu’elle croisait, aux panneaux qui apparaissaient, furtivement, avant de disparaître à nouveau dans l’ombre. Lire la suite « Nuit noire »

Au fil de mes lectures·La liste de mes ennuis

L’ordre du jour – Eric Vuillard

vuillard« Nous sommes un lundi, la ville remue derrière son écran de brouillard. Les gens se rendent au travail comme les autres jours, ils prennent le tram, l’autobus, se faufilent vers l’impériale, puis rêvassent dans le grand froid. Mais le 20 février de cette année-là ne fut pas une date comme les autres. Pourtant, la plupart passèrent leur matinée à bûcher, plongés dans ce grand mensonge décent du travail, avec ces petits gestes où se concentre une vérité muette, convenable, et où toute l’épopée de notre existence se résume en une pantomime diligente. La journée s’écoula ainsi, paisible, normale. Et pendant que chacun faisait la navette entre la maison et l’usine, entre le marché et la petite cour où l’on pend le linge, puis, le soir, entre le bureau et le troquet, et enfin rentrait chez soi, bien loin du travail décent, bien loin de la vie familière, au bord de la Spree, des messieurs sortaient de voiture devant un palais. « 

Comme tout régime politique – dictatorial qui plus est -, le IIIe Reich a fondé son image sur une propagande soigneusement construite et un discours officiel parfaitement huilé. Mais derrière cette façade pour l’Histoire, et peut-être encore plus que pour d’autres régimes, ce ne furent au début que cafouillages, intrigues, vulgaires négociations pour asseoir l’autorité d’Hitler et lui permettre de mener à bien sa prise du pouvoir. Lire la suite « L’ordre du jour – Eric Vuillard »

Au fil de mes lectures·Au pays des enfants

Vango – Timothée de Fombelle

Fombelle » Paris, avril 1934. Quarante hommes en blanc étaient couchés sur le pavé. On croyait voir un champ de neige. Les hirondelles frôlaient les corps en sifflant. Ils étaient des milliers à regarder ce spectacle. Notre-Dame de Paris étendait son ombre sur la foule assemblée. Soudain, tout autour, la ville parut se recueillir. Vango avait le front contre la pierre. Il écoutait sa propre respiration. Il pensait à la vie qui l’avait conduit ici. Pour une fois, il n’avait pas peur. Il pensait à la mer, au vent salé, à quelques voix, quelques visages, aux larmes chaudes de celle qui l’avait élevé. La pluie tombait maintenant sur le parvis mais Vango n’en savait rien. Allongé par terre au milieu de ses compagnons, il ne regardait pas fleurir l’un après l’autre les parapluies. Vango ne voyait pas la foule des Parisiens réunis, les familles endimanchées, la dévotion des vieilles dames, les enfants qui passaient sous les jambes, les pigeons engourdis, la danse des hirondelles, les badauds debout sur les fiacres, ni les yeux verts, là, sur le côté, qui ne regardaient que lui.« 

Il est des livres comme des êtres humains : l’immense majorité nous plaît bien, certains nous ennuient, d’autres nous énervent. Quelques-uns – rares heureusement – nous laissent parfaitement indifférents et nous serions bien en peine de nous rappeler quoique ce soit à leur sujet. D’autres enfin – tout aussi rares – nous marquent profondément. La rencontre avec eux tient du coup de foudre et nous savons à la minute où nous les rencontrons qu’ils nous accompagneront toute notre vie. Lire la suite « Vango – Timothée de Fombelle »

En vers et contre tout

A Sainte-Beuve – Alfred de Musset

Ami, tu l’as bien dit : en nous, tant que nous sommes,
Il existe souvent une certaine fleur
Qui s’en va dans la vie et s’effeuille du cœur.
« Il existe, en un mot, chez les trois quarts des hommes,
Un poète mort jeune à qui l’homme survit. »
Tu l’as bien dit, ami, mais tu l’as trop bien dit.

CHT162736

Lire la suite « A Sainte-Beuve – Alfred de Musset »