Au fil de mes lectures

Je voudrais exister – Gabriel de Beauchesne

« Le train frappa à grande vitesse l’entrée du tunnel et fit naître un claquement sourd et net dans le wagon bondé. La surpression provoqua aussitôt une légère vibration de ses tympans. Son esprit se ranima et Brenden sortit de sa torpeur. Il était enfin temps d’entrer en action. Dans quelques minutes, il allait exécuter l’ultime acte qu’il avait prévu pour achever sa vie.« 

Elle et lui. Lui et elle. Lui, petite frappe de banlieue, sans famille, sans attaches, sans instruction, qui se prépare à commettre un attentat dans le RER parisien mais va croiser un jeune garçon au regard clair. Elle, fille adorée d’un père veuf haut fonctionnaire, étudiante consciencieuse, qui cherche à éviter un camarade de fac pénible et va faire une rencontre violente, dans un parc, de nuit. Lire la suite « Je voudrais exister – Gabriel de Beauchesne »

Au fil de mes lectures

Le lion sans crinière – Edouard Bureau

Bureau« Les objectifs étaient clairs, renverser Ambutu, avec l’appui d’une population éprise de liberté, installer un monde nouveau et le faire prospérer. » Tels sont les mots limpides du chef Nanga, alors qu’il résume à Perier la folle épopée dans laquelle ils se sont lancés.

Folle épopée. Deux termes qui résument parfaitement l’histoire du « Lion sans crinière » : alors qu’il gère la plantation africaine dont il a hérité de ses parents, le jeune André Saint-Souris décide brusquement, un jour, de prendre les armes et de fomenter une rébellion pour destituer le dictateur Ambutu qui gouverne le pays depuis son indépendance.

Rejoint par les membres des quatre différentes tribus qui travaillent à la plantation, Saint-Souris va voler de victoires en victoires, porté par l’enthousiasme de la population et la foi qu’ils ont en ce jeune chef – européen pourtant – drapé dans la peau d’un lion qu’il a tué, enfant, à mains nues. Lire la suite « Le lion sans crinière – Edouard Bureau »

Au fil de mes lectures

La disparue du Venezuela – Diane Kanbalz

Capture d_écran 2018-07-22 à 21.07.23« La saison est particulièrement chaude cette année, avec des températures frôlant les trente-cinq degrés. La puanteur aigre des barrios s’accroche aux flancs des coteaux, le goudron mollit sous les pas et des cafards longs comme des doigts envahissent les rues, fuyant les canalisations brûlantes. Pour un mois de décembre, c’est plutôt rare. La montagne Avila ne suffit plus à atténuer la canicule qui s’entasse au fond de la vallée et les habitants de Caracas, hébétés, n’en peuvent plus d’attendre que la fraîcheur hivernale chasse les haleines fétides de l’été.« 

Prêté par une amie, ce roman sort – vous l’aurez sans doute remarqué – de mes lectures habituelles mais je ne regrette pas une minute d’être sortie de ma zone de confort tant cet excellent polar m’a tenue en haleine et passionnée. Lire la suite « La disparue du Venezuela – Diane Kanbalz »

Au pays des enfants

Les Maîtres du Vent

Bouilloc« Dans le jardin de Frans Galateia, tout appelait à l’élévation. Entre les oliviers et les pins biscornus se dressaient des sculptures en marbre blanc. Les lignes parfaites des statues, leur clarté irréelle contrastaient avec le terrain foisonnant d’herbes folles. Le propriétaire était un sculpteur aux cheveux blancs. Un génie fantasque vivant dans un univers à la fois végétal et minéral.« 

Bonjour bonjour !

Vous aussi, vous avez grandi avec Harry Potter, vous avez rêvé et frémi avec le Seigneur des Anneaux, et avez admiré l’ordonnancement du monde de Narnia ? Alors n’hésitez pas une seconde et jetez-vous sur les Maîtres du Vent. Lire la suite « Les Maîtres du Vent »

Au fil de mes lectures

Les règles du jeu – Amor Towles

Towles« Le soir du 4 octobre 1966, Val et moi, tous deux dans la cinquantaine, assistâmes au vernissage de l’exposition Many Are Called au Museum of Modern Art, où l’on présentait pour la première fois les portraits pris par Walker Evans à la fin des années 30 dans le métro new-yorkais avec un appareil photo dissimulé. Il s’agissait de ce que les chroniqueurs mondains appellent « un événement ». Les hommes portaient des smokings empruntant à la palette des photos et les femmes des robes aux couleurs vives de toutes les longueurs possibles, de la cheville à mi-cuisse. Le champagne arrivait sur des petits plateaux ronds présentés par de jeunes acteurs au chômage beaux comme des dieux et gracieux comme des acrobates. Mais peu d’invités regardaient les photos. Ils étaient trop occupés à s’amuser.« 

Un délice. Un vrai délice, c’est tout ce que je pourrais me contenter de vous dire, mes chers p’tits rats de bibliothèque, au sujet de ce livre. Et normalement, si vous me faisiez confiance, vous devriez à ces simples mots vous précipiter chez votre libraire et commander immédiatement ce roman, annuler vos rendez-vous, envoyer un congé maladie fictif à votre employeur, placer vos enfants à l’hospice, mettre votre chère moitié à la porte, et vous blottir dans un fauteuil, avec un thé, un café, un whisky ou une grenadine jusqu’à ce que vous soyez arrivés à la dernière lettre du dernier mot de la dernière phrase de cet excellent roman. Bon, évidemment, si je procédais ainsi, et vous de même, ce blog n’aurait plus de raison d’être. Je vais donc développer un peu. Lire la suite « Les règles du jeu – Amor Towles »

Au fil de mes lectures

La cravate – Milena Michiko Flasar

Flasar« Je l’appelais Cravate. Le nom lui plaisait. Il le faisait rire. Des bandes rouges et grises sur sa poitrine. C’est ainsi que je veux le garder dans mon souvenir. Sept semaines se sont écoulées depuis que je l’ai vu pour la dernière fois. Au cours de ces sept semaines l’herbe a séché et jauni. Les cigales chantent dans les arbres. Le gravier crisse sous mes pieds. A la lumière intense du soleil de midi, le parc semble étrangement dépeuplé. Des fleurs éclatent aux branches lasses qui se penchent vers le sol. Un mouchoir bleu pâle dans le fourré, pas le moindre souffle de vent pour l’agiter. L’air est lourd et pèse sur la terre. Je suis dans un étau. Je prends congé d’une personne qui ne reviendra plus.« 

Voici, chères souris de bibliothèque intriguées, un roman japonais écrit par une Autrichienne. Oui, oui, la mondialisation de la littérature, ça existe aussi. Bon, pour être plus exacte, il s’agit d’un roman se déroulant au Japon, écrit par une Austro-japonaise (ou nippo-autrichienne, comme vous préférez !) – mais c’est moins drôle. Lire la suite « La cravate – Milena Michiko Flasar »

Au fil de mes lectures

Dans ma tête, je m’appelle Alice – Julien Dufresne-Lamy

Dufresne« Docteur, je crois que je couve quelque chose. Ce matin, en tombant sur un pont, j’ai pris conscience que cela ne tournait pas rond. Quand mon corps s’est étalé sur le bitume, la fillette en moi s’est réveillée. Je retrouvais la petite peau à chair de poule. Je redevenais celle qui, frileuse, courbait la nuque. Depuis mon plus jeune âge, je ne me prénomme plus. J’ai pris exemple sur la princesse de Clèves. En y repensant, je crois avoir avalé mon nom au cours d’une nuit d’humiliation. »

Dans sa tête, Elle s’appelle Alice. Ou Madame de Guermantes. Ou Iseult. Ou Edmond Dantès. Ou Natacha. Ou Antigone. Lire la suite « Dans ma tête, je m’appelle Alice – Julien Dufresne-Lamy »