Et s’il ne restait au héros qu’une seule journée à vivre ?
C’est le pari osé – et brillamment remporté – de « L’Éphémère ou la dernière journée d’Alexander Bing », le premier roman de Max Ducos. L’illustrateur bordelais nous avait habitués à ses albums superbes, à la poésie de ses dessins et la vivacité de ses couleurs. Dans « L’Éphémère », écrit pendant des vacances où il ne voulait pas travailler (i.e. dessiner), Max nous entraîne à la suite d’Alexander, jeune garçon de 14 ans et 2 mois, condamné à mourir au prochain coucher de soleil.

Notre héros est en effet atteint de la maladie de l’éphémère, contractée par sa mère en 1922, alors qu’elle était enceinte de lui, maladie qui rend ses victimes dépendantes du soleil, la nuit provoquant leur mort. Alors qu’il aurait dû mourir au premier soir de sa vie, le bébé est sauvé par un inventeur génial, digne héritier du professeur Tournesol, de Nemo ou de Barbicane, qui crée une machine reproduisant, la nuit, la lumière solaire. C’est ainsi qu’Alexander gagne de précieuses années. Mais la machine n’est pas éternelle et la mort d’Alexander approche… à moins que le professeur Félix Griffaton n’ait une ultime idée de génie.
Max Ducos entraîne ses lecteurs dans un excellentissime roman initiatique, sans jamais chercher à atténuer l’implacable fin : nous assistons bien là aux dernières heures du héros. Mais alors qu’Alex a vécu son enfance reclus sur une île déserte, protégé du monde, aura-t-il la possibilité de dépasser ses limites, explorer le monde, découvrir l’amitié et le don de soi ?
Un héros attachant, une machine futuriste et un voyage contre la montre font de ce roman une vraie pépite, au rythme énergique et style soutenu impeccable : une lecture de très grande qualité à faire lire dès 9-10 ans !
Bonne lecture !
Anne-Sophie
