Édimbourg 1930.
Édimbourg 1939.
Entre ces deux dates : la naissance, la vie et la mort du clan Brodie.
Ce roman absolument fascinant nous emmène dans la haute société édimbourgeoise, au sein d’une école pour jeunes filles dans laquelle mademoiselle Brodie enseigne aux petites classes. Vieille fille dont le fiancé est mort à la guerre, passionnée d’art et éducatrice avant-gardiste, merveilleusement loufoque et profondément fasciste, telle est mademoiselle Brodie lorsqu’elle prend sous son aile les six fillettes qui composeront son clan, sa garde personnelle.
Telle une araignée, elle va tisser autour d’elles la toile de leurs destins, forgeant leurs âmes et leurs caractères avec un soin extrême, assignant à chacune une personnalité type.
Mais lorsque l’une d’elle, protégée de cette manipulation par sa capacité à s’évader dans un monde imaginaire, décide de déchirer la toile et de tuer – figurativement – sa geôlière, le lecteur en vient à se demander si mademoiselle Brodie n’a pas elle-même créé celle qui provoquera sa chute.
Muriel Spark nous régale avec ce court roman publié en 1961 : telle un narrateur omniscient, elle ne nous cache rien de l’avenir des héroïnes et nous les présente telles que l’expérience Brodie les aura façonnées. Elle analyse avec finesse aussi bien la psychologie de ces adolescentes, leurs obsessions, leurs rêves, leurs rivalités que celle de mademoiselle Brodie et nous offre un roman où ces femmes – avec leurs failles et leurs côtés obscurs – forment un tableau magistral.
Un immense coup de coeur pour ce livre qui entre dans ma bibliothèque pour ne plus en sortir !
Anne-Sophie
