« Nous connaissons tous des filles et des garçons parfaits. Ils vivent dans des maisons parfaites, avec des parents parfaits. Ils sont parfaitement habillés, ont une démarche parfaite et mènent la vie la plus parfaitement parfaite. C’est parfaitement horrible. Ils sont parfaitement ennuyeux. Heureusement, cette histoire n’est pas celle d’un enfant parfait. C’est l’histoire d’Archer Benjamin Helmsley. »
Un garçon de 11 ans, petit-fils d’explorateurs célèbres portés disparus sur un iceberg en plein milieu de l’Antarctique et vivant dans une maison emplie d’animaux empaillés, un autre garçon, son voisin, issu d’une famille excentrique légèrement loufoque et follement sympathique et une petite fille, ex-petit rat de l’opéra unijambiste, décident de fuir de chez eux pour partir à la recherche desdits grands-parents et embarquer comme passagers clandestins sur le premier cargo en partance pour le Pôle Sud.
Bien évidemment, à ce stade de l’article, tout lecteur sensé devrait froncer les sourcils et quitter ce blog en se demandant ce qui a bien pu passer par la tête de la chroniqueuse lorsqu’elle a décidé de recommander ce livre pour les plus jeunes des lecteurs. Lire la suite « Les Doldrums – Nicholas Gannon »

« Et vous avez eu beau temps ? »
» Au matin de son premier anniversaire, un bébé fut découvert dans un étui à violoncelle, flottant au beau milieu de la Manche. C’était le seul être vivant à des kilomètres à la ronde. Le bébé, quelques chaises et la proue d’un bateau sombrant dans l’océan : rien d’autre à l’horizon.«
« Premier enterrement de la guerre, et la chorale de notre petit village n’a même pas été capable de chanter juste. Les mots « Saint, saint, saint » se sont envolés comme s’ils étaient pépiés par une volée de moineaux poussifs.La faute n’en était pas à la guerre, ni à ce jeune chenapan d’Edmund Winthrop, coulé par une torpille dans son sous-marin, ni même à la direction désastreuse du pasteur. Non : nous donnions là l’ultime prestation de la chorale de Chilbury. Notre chant du cygne. »
« Vous vous demandez peut-être, je vous entends d’ici, c’est une manie chez vous, pourquoi j’écris ce livre. Je vous donnerai, pour le même prix, deux réponses au lieu d’une. Première réponse : je vous emmerde. Voilà une bonne chose de faite. J’espère qu’elle vous monte à la gorge et qu’elle vous en bouche un coin. Deuxième et dernière réponse et, s’il vous plaît, n’y revenez pas : j’écris ce livre parce que mon grand-père m’a demandé de l’écrire. C’est la meilleure des raisons. »
« Himmler s’est suicidé près de Brême, en mai 1945, au cours de ce printemps où l’Europe ravagée, suppliciée,connut enfin la délivrance. Si l’on compte seulement les années, cette époque est encore proche de nous. Mais tant d’événements, depuis, se sont accumulés, si graves, qu’elle semble déjà très lointaine.«
« Il l’aperçoit à la terrasse du Caffe Rosati et c’est l’été, bien qu’on soit en avril. Elle est seule devant un espresso. Il n’aime plus dormir depuis qu’ils sont ensemble, parce qu’ils sont séparés lorsqu’il rêve. Elle a littéralement kidnappé son coeur. Ce jour-là, elle porte une robe orange, sa couleur favorite – il voit la vie en orange désormais. Elle entoure sa tasse de ses mains d’un geste si sensuel qu’il envie la porcelaine. »
«
» Paris, avril 1934. Quarante hommes en blanc étaient couchés sur le pavé. On croyait voir un champ de neige. Les hirondelles frôlaient les corps en sifflant. Ils étaient des milliers à regarder ce spectacle. Notre-Dame de Paris étendait son ombre sur la foule assemblée. Soudain, tout autour, la ville parut se recueillir. Vango avait le front contre la pierre. Il écoutait sa propre respiration. Il pensait à la vie qui l’avait conduit ici. Pour une fois, il n’avait pas peur. Il pensait à la mer, au vent salé, à quelques voix, quelques visages, aux larmes chaudes de celle qui l’avait élevé. La pluie tombait maintenant sur le parvis mais Vango n’en savait rien. Allongé par terre au milieu de ses compagnons, il ne regardait pas fleurir l’un après l’autre les parapluies. Vango ne voyait pas la foule des Parisiens réunis, les familles endimanchées, la dévotion des vieilles dames, les enfants qui passaient sous les jambes, les pigeons engourdis, la danse des hirondelles, les badauds debout sur les fiacres, ni les yeux verts, là, sur le côté, qui ne regardaient que lui.«
res, moucherons, moustiques, guêpes, libellules, des centaines d’insectes tournoient autour de nous pour échapper aux attaques des oiseaux. On rit comme des tordus au bord de l’étang.